35 % des transactions immobilières aux Baléares concernent des acheteurs étrangers.

Les îles Baléares continuent d’attirer massivement les acheteurs étrangers sur leur marché immobilier. En 2025, plus d’un tiers des ventes de logements dans cet archipel espagnol ont été réalisées par des ressortissants non espagnols, confirmant une tendance de fond qui pèse lourdement sur l’accès au logement pour les résidents locaux.

Un marché immobilier dominé par la demande étrangère

Selon Europa Press, 35 % des transactions immobilières enregistrées aux Baléares en 2025 ont été effectuées par des acheteurs étrangers. Ce chiffre place l’archipel parmi les régions espagnoles les plus prisées par les acquéreurs internationaux, loin devant la moyenne nationale qui se situe autour de 15 %.

Cette proportion exceptionnelle s’explique par plusieurs facteurs combinés : la qualité de vie offerte par les îles, la douceur du climat méditerranéen, la réputation internationale de Majorque, Minorque et Ibiza, ainsi que la stabilité perçue de l’investissement immobilier en Espagne. Les acheteurs britanniques, allemands et scandinaves figurent traditionnellement parmi les plus actifs sur ce marché.

Les prix reflètent cette pression de la demande. Le prix moyen au mètre carré aux Baléares dépasse désormais les 4 500 euros, ce qui en fait l’une des régions les plus chères d’Espagne, juste derrière Madrid et Barcelone. Sur certaines zones côtières de Majorque ou à Ibiza, les prix peuvent atteindre voire dépasser les 8 000 euros par mètre carré pour des biens de standing.

« La forte présence d’acheteurs étrangers dans les Baléares crée une concurrence directe avec les résidents locaux, dont les salaires ne permettent pas de suivre la hausse des prix. » Analyse du marché immobilier baléare, Europa Press, 2026

Cette dynamique soulève des préoccupations croissantes parmi les habitants permanents de l’archipel, qui se voient progressivement exclus d’un marché devenu inaccessible pour les revenus locaux. Selon le Conseil économique et social des Baléares, le taux d’effort pour l’achat d’un logement dépasse 40 % du revenu disponible pour une grande partie des ménages de la région.

Des conséquences sociales et politiques de plus en plus visibles

Face à cette situation, les autorités locales ont commencé à prendre des mesures pour tenter de réguler le marché. Le gouvernement régional des Baléares a ainsi mis en place plusieurs dispositifs visant à limiter l’impact de la spéculation immobilière et à favoriser l’accès au logement pour les résidents permanents.

Parmi les mesures envisagées figure l’encadrement des locations touristiques de courte durée, qui contribuent également à réduire le parc de logements disponibles pour les habitants. Selon l’Institut national de statistique espagnol, le nombre de logements proposés sur des plateformes de location courte durée aux Baléares a augmenté de plus de 20 % entre 2022 et 2025, aggravant encore la tension sur le marché résidentiel.

Des voix s’élèvent également pour demander une fiscalité plus contraignante sur les acquisitions réalisées par des non-résidents. Certains élus locaux plaident pour l’instauration d’une taxe spécifique sur les achats immobiliers effectués par des ressortissants étrangers, à l’image de ce qui a été mis en place au Canada ou au Portugal ces dernières années.

« Nous ne pouvons pas continuer à regarder nos enfants quitter les îles faute de pouvoir se loger. Le marché immobilier doit servir en priorité ceux qui vivent et travaillent ici. » Déclaration d’un élu local baléare, rapportée par Europa Press, 2026

La question du logement est devenue l’un des sujets politiques les plus sensibles de l’archipel. Les manifestations citoyennes se sont multipliées ces derniers mois, rassemblant des milliers de personnes à Palma de Majorque pour réclamer des mesures concrètes contre la spéculation et pour défendre le droit au logement des habitants permanents.

Au-delà des Baléares, ce phénomène illustre une tendance plus large observée dans plusieurs régions touristiques d’Europe, où la pression de la demande internationale finit par transformer profondément le tissu social des territoires concernés. Les Canaries, la Costa del Sol ou encore certaines zones de la Côte d’Azur française font face à des défis similaires.

En conclusion, la part des acheteurs étrangers dans les transactions immobilières aux Baléares, qui atteint désormais 35 %, constitue un indicateur fort des tensions qui traversent ce marché. Si l’attractivité internationale de l’archipel représente un atout économique indéniable, elle génère également des déséquilibres sociaux profonds que les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer. Les mois à venir seront décisifs pour savoir si les mesures envisagées parviendront à rééquilibrer un marché qui semble, pour l’heure, largement échapper aux habitants qui font vivre ces îles au quotidien.


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