Visas investisseurs en Amérique latine: le grand comparatif 2026, pays par pays.

Panama qui resserre ses règles, Paraguay qui lance son Investor Pass à 70 000 dollars, Argentine qui prépare un programme de citoyenneté par investissement pour le second semestre 2026, Chili qui exige désormais 500 000 dollars, Nicaragua qui offre la résidence permanente dès 30 000 dollars. La carte des visas investisseurs en Amérique latine est en pleine recomposition. LCE a comparé l’ensemble des programmes disponibles en septembre 2026, du Mexique à l’Argentine, pour donner aux investisseurs francophones une vision complète et actualisée de ce marché en mouvement.

Mexique : environ 273 000 euros pour une résidence temporaire

Au Mexique, la Résidence Temporaire par Investissement exige que le montant investi dans le capital social d’une société mexicaine dépasse 45 850 jours d’UMA (Unité de Mesure et d’Actualisation), soit environ 5,38 millions de pesos mexicains ou près de 273 000 euros au taux de change de 2026. La résidence temporaire est valable jusqu’à quatre ans et peut mener à la résidence permanente. Celle-ci est également accessible directement par solvabilité économique démontrée, sans passer par l’investissement direct. Le Mexique reste une destination de premier plan pour les investisseurs francophones, avec une économie de 1 300 milliards de dollars et une proximité culturelle avec l’Europe latine.

Guatemala : 100 000 dollars pour une résidence temporaire renouvelable

Le Guatemala exige un investissement minimum de 100 000 dollars pour obtenir une résidence temporaire renouvelable, avec un délai de traitement de 2 à 4 mois. Les investissements qualifiants incluent l’immobilier commercial ou résidentiel, le capital d’une entreprise guatémaltèque, un dépôt bancaire dédié ou l’acquisition d’une entreprise existante. La réforme de 2025 (Acuerdo IGM-016-2025) a renforcé les exigences documentaires selon le type d’investissement. Le Guatemala fait partie de la zone CA-4 avec le Honduras, El Salvador et le Nicaragua : un visa émis par l’un de ces quatre pays est valable dans les trois autres, ce qui offre une mobilité régionale appréciable pour les investisseurs actifs dans plusieurs pays d’Amérique centrale.

Honduras : résidence permanente entre 100 000 et 150 000 dollars avec des zones fiscales avantageuses

Au Honduras, la catégorie Inversionista exige un investissement minimum de 100 000 à 150 000 dollars dans un secteur approuvé comme l’immobilier, le tourisme, l’agriculture ou la technologie, avec un délai de traitement de 3 à 6 mois. Une fois accordée, la résidence permanente est valide indéfiniment et ne nécessite pas de renouvellement. Point particulièrement intéressant pour les entrepreneurs : le Honduras dispose de ZEDEs (Zones d’Emploi et Développement Économique Spéciales), des zones fiscales autonomes avec des incitations substantielles pour les investisseurs et entrepreneurs. Les Îles de la Baie, notamment Roatán, attirent par ailleurs une communauté d’expatriés internationaux croissante dans un cadre tropical exceptionnel.

El Salvador : un marché en cours de formalisation, attractif pour la tech et la crypto

El Salvador attire depuis 2021 une communauté internationale d’investisseurs en crypto et tech, après être devenu le premier pays au monde à adopter le Bitcoin comme monnaie légale. Les procédures d’investissement sont en cours de formalisation, avec des seuils d’entrée estimés autour de 100 000 dollars pour les résidences à vocation entrepreneuriale. La résidence permanente est accessible après deux ans. Pour les investisseurs francophones actifs dans les secteurs numériques et technologiques, El Salvador mérite une attention particulière malgré un cadre juridique encore en consolidation.

Nicaragua : 30 000 dollars pour une résidence permanente immédiate, l’une des plus accessibles au monde

Le Nicaragua propose l’un des programmes de résidence par investissement les moins chers du monde. Un investissement de 30 000 dollars dans l’immobilier, une nouvelle entreprise locale ou un projet agricole ou forestier approuvé par le gouvernement suffit pour obtenir une résidence permanente de cinq ans, sans obligation de présence minimale formelle. La citoyenneté est ensuite accessible après deux années consécutives de résidence permanente avec un minimum de 180 jours par an dans le pays, à condition de parler espagnol et de réussir un test de naturalisation. Le Nicaragua applique une fiscalité territoriale : les résidents ne sont imposés que sur les revenus générés dans le pays, pas sur les revenus étrangers. Point de vigilance important : le contexte politique nicaraguayen a connu des turbulences significatives depuis 2018 et une réforme politique majeure a été déclenchée en mars 2026. Une analyse approfondie du cadre juridique et politique est indispensable avant tout engagement.

Costa Rica : la fenêtre à 150 000 dollars se referme

Le Costa Rica offre la voie Inversionista dès 150 000 dollars, l’un des tickets d’entrée les plus bas de la région pour un investissement en immobilier, actions d’entreprise, valeurs publiques ou projets productifs. Mais ce seuil, fixé par la Loi 9996, contenait une clause de caducité expirant le 14 juillet 2026 : sauf renouvellement législatif, le minimum devrait remonter à 200 000 dollars. Une réduction à 100 000 dollars existe par ailleurs pour les projets forestiers ou de reforestation approuvés. La résidence permanente s’obtient après trois ans, la citoyenneté après sept, réduite à cinq ans pour les ressortissants espagnols, centraméricains et ibéro-américains de naissance.

Colombie : des seuils indexés sur un salaire minimum qui explose

La Colombie applique un système singulier : ses seuils d’investissement ne sont pas fixés en dollars, mais en multiples du salaire minimum mensuel légal (SMMLV), une référence qui grimpe chaque 1er janvier. Pour 2026, le SMMLV a bondi d’environ 23 %, à 1 750 905 pesos colombiens. Le seuil de référence pour la Visa M Inversionista par achat immobilier, fixé à 350 SMMLV, atteint désormais environ 145 000 dollars. Pour un investissement en entreprise déjà constituée, le seuil de 650 SMMLV avoisine 240 000 dollars. La résidence permanente s’obtient après cinq ans de résidence continue.

Venezuela : 100 000 dollars pour un visa investisseur, mais un marché à très haut risque

Le Venezuela propose techniquement un visa investisseur (TR-I) pour un investissement minimum de 100 000 dollars, accordé pour une période de trois ans avec entrées multiples. Après cinq ans au total, la résidence permanente devient accessible. En théorie, le programme est structuré. En pratique, le Venezuela traverse depuis plusieurs années une crise économique, politique et institutionnelle profonde qui rend tout investissement significatif dans le pays extrêmement risqué. L’hyperinflation, les contrôles de change, l’instabilité juridique et les restrictions sur les transferts de capitaux constituent des obstacles majeurs. Pour les investisseurs francophones, le Venezuela ne fait pas partie des destinations recommandables en 2026, quelle que soit l’attractivité apparente de ses seuils d’entrée.

Panama : la réforme du 8 septembre change la donne

Le Panama vient de bouleverser son programme le plus emblématique. Par le Décret Exécutif n° 17 du 8 septembre 2026, le gouvernement panaméen a introduit une différenciation inédite selon le type de bien immobilier acquis. L’achat en revente exige désormais un minimum de 500 000 dollars. L’investissement dans l’immobilier neuf de première vente reste à 300 000 dollars. La prévente sur plan demeure également à 300 000 dollars, mais le projet doit être achevé dans un délai de trois ans. Les autres modalités restent inchangées : 500 000 dollars en valeurs mobilières sur la Bourse panaméenne, ou 750 000 dollars en dépôt bancaire à terme fixe sur cinq ans minimum. La résidence est accordée directement, sans étape provisoire, généralement sous 30 jours ouvrés.

« Le Panama priorise désormais l’immobilier neuf pour stimuler l’industrie de la construction, l’un des principaux moteurs d’emplois directs et indirects du pays. »

Équateur : la voie la moins chère en dollars fixes

En Équateur, pays entièrement dollarisé, la résidence temporaire par investissement peut s’obtenir via la détention d’actions ou parts dans une société équatorienne, pour un montant minimum de 100 salaires de base unifiés, soit environ 47 000 dollars au barème 2026. Une option d’entrée particulièrement accessible, bien que le climat des affaires mérite une analyse approfondie avant tout engagement.

Bolivie : le ticket d’entrée le plus bas du continent, entre 5 000 et 10 000 dollars

En Bolivie, un investissement de 5 000 à 10 000 dollars minimum est requis selon le secteur pour obtenir un visa investisseur temporaire, qui peut mener à une résidence permanente après quelques années d’activité commerciale continue. C’est le ticket d’entrée le plus bas de tout le continent américain pour un programme d’investissement formel. La Bolivie est membre de la Communauté Andine (CAN), ce qui offre une mobilité régionale facilitée vers le Pérou, la Colombie et l’Équateur. Les secteurs prioritaires incluent l’énergie, le tourisme et l’agriculture. Le coût de la vie est l’un des plus bas d’Amérique du Sud, avec un budget mensuel de 800 à 1 200 dollars pour vivre confortablement à La Paz. Point de vigilance : le contexte politique bolivien mérite une analyse approfondie avant tout engagement significatif.

Paraguay : l’Investor Pass du 28 avril 2026 change tout

Le Paraguay est la grande surprise de 2026 en matière de résidence par investissement. Lancé le 28 avril 2026 par la Résolution n° 0283/2026, le Paraguay Investor Pass permet d’obtenir une résidence permanente immédiate de 10 ans pour un investissement minimum de 70 000 dollars, déployable sur 10 ans sans versement en une seule fois. Le système fiscal paraguayen applique 0 % d’imposition sur les revenus étrangers, une rareté mondiale. Les demandes ont bondi de 85 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Environ 500 Français résident actuellement au Paraguay. Point de vigilance : la France tarde à répondre aux demandes de confirmation auprès des pays d’origine, ce qui allonge les délais de traitement de façon significative.

Pérou : 125 000 euros pour une résidence investisseur

Le visa Inversionista péruvien exige un investissement minimum de 500 000 PEN, soit environ 125 000 euros, dans une entreprise péruvienne enregistrée. La résidence permanente s’obtient après trois ans. Le traitement de la demande prend environ huit semaines. Le Pérou encourage l’investissement étranger notamment dans les secteurs minier, agricole, technologique et touristique.

Brésil : 125 000 à 180 000 dollars selon la région

Le Brésil propose une résidence investisseur avec des seuils différenciés selon la zone géographique. Dans les régions Nord et Nord-Est, l’investissement minimum est de 700 000 BRL, soit environ 125 000 dollars. Dans les autres régions, le minimum monte à 1 000 000 BRL, soit environ 180 000 dollars. Le visa investisseur accorde une résidence temporaire avec obligation de séjourner au moins 30 jours par an dans le pays. Après deux ans, la résidence permanente est accessible à condition de toujours détenir le bien. Les ressortissants des pays Mercosur bénéficient d’une procédure simplifiée sans exigence d’investissement.

Chili : 500 000 dollars et une approbation InvestChile obligatoire

Le Chili est le marché le plus exigeant de la région pour les investisseurs non latino-américains. La visa d’investisseur chilien exige depuis 2022 un investissement minimum de 500 000 dollars, validé obligatoirement par l’Agence Chilienne d’Investissement (InvestChile) avant toute démarche d’immigration. La résidence permanente est accessible après deux ans, la nationalité après cinq ans. Le Chili est l’économie la plus stable et développée d’Amérique du Sud avec des institutions solides et une faible corruption.

Argentine : le programme de citoyenneté par investissement arrive au second semestre 2026

L’Argentine est le marché le plus surveillé de la région en ce moment. Le gouvernement Milei prépare un programme de citoyenneté par investissement dont le lancement est prévu pour le second semestre 2026, avec un seuil préliminaire estimé à 500 000 dollars selon Henley & Partners. Pour les investisseurs qui ne veulent pas attendre, le Visa Rentista est disponible dès maintenant pour des revenus passifs d’environ 1 640 dollars par mois, et le Visa Investisseur exige un minimum de 100 000 dollars. La résidence permanente est accessible après deux ans, la nationalité après deux ans supplémentaires de résidence permanente, l’un des délais les plus courts au monde.

Uruguay : la référence fiscale, sans minimum d’investissement

L’Uruguay reste à part dans ce panorama : sa résidence n’exige aucun montant d’investissement minimum obligatoire, elle repose sur la preuve de moyens de subsistance, est permanente dès le premier jour et s’accompagne depuis janvier 2026 d’une exonération totale de onze ans sur les revenus de source étrangère. Un régime fiscal sans équivalent dans la région pour qui recherche la stabilité plus que la vitesse d’obtention.

Sources : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


Pays Visa / Programme Montant minimum Résidence permanente Point clé 2026
🇲🇽 Mexique Résidence temporaire investisseur ~273 000 € Après 4 ans Indexé sur l’UMA. Société mexicaine obligatoire.
🇬🇹 Guatemala Résidence temporaire investisseur 100 000 $ Après résidence temporaire Réforme 2025. Zone CA-4. Délai 2-4 mois.
🇭🇳 Honduras Résidence permanente Inversionista 100 000 – 150 000 $ Directe ZEDEs : zones fiscales avantageuses. Zone CA-4.
🇸🇻 El Salvador En cours de formalisation ~100 000 $ Après 2 ans Attractif tech et crypto. Cadre juridique en consolidation.
🇳🇮 Nicaragua Résidence permanente investisseur 30 000 $ Directe 5 ans Un des moins chers au monde. 0 % revenus étrangers. ⚠️ Risque politique à analyser.
🇨🇷 Costa Rica Visa Inversionista (Loi 9996) 150 000 $ (→ 200 000 $) Après 3 ans Fenêtre à 150 000 $ en voie de fermeture. Citoyenneté après 7 ans.
🇨🇴 Colombie Visa M Inversionista ~145 000 $ (immo) / ~240 000 $ (entreprise) Après 5 ans Indexé SMMLV +23 % en 2026. Révision annuelle.
🇻🇪 Venezuela Visa TR-I Investisseur 100 000 $ Après 5 ans ⚠️ Crise économique et politique sévère. Non recommandé en 2026.
🇵🇦 Panama Visa Inversionista Calificado 300 000 $ (neuf) / 500 000 $ (revente) Directe ~30 jours ouvrés Réforme Décret n°17 du 8 sept. 2026. Fonds étrangers 5 ans min.
🇪🇨 Équateur Résidence temporaire investisseur ~47 000 $ Variable Pays dollarisé. Ticket d’entrée parmi les plus bas. Analyse approfondie recommandée.
🇧🇴 Bolivie Visa Inversionista 5 000 – 10 000 $ Après activité continue Ticket le plus bas du continent. Membre CAN. ⚠️ Contexte politique à analyser.
🇵🇾 Paraguay Investor Pass (Résolution 0283/2026) 70 000 $ (sur 10 ans) Directe 10 ans Lancé avril 2026. 0 % revenus étrangers. Demandes +85 % au T1 2026.
🇵🇪 Pérou Visa Inversionista ~125 000 € Après 3 ans Délai 8 semaines. Société péruvienne enregistrée obligatoire.
🇧🇷 Brésil Visa Investisseur 125 000 $ (Nord) / 180 000 $ (autres) Après 2 ans Seuil selon région. 30 jours/an minimum. Mercosur : procédure simplifiée.
🇨🇱 Chili Visa Investisseur 500 000 $ Après 2 ans Approbation InvestChile obligatoire. Économie la plus stable d’Amérique du Sud.
🇦🇷 Argentine Visa Investisseur / CBI prévu S2 2026 100 000 $ / ~500 000 $ (CBI) Après 2 ans Programme citoyenneté par investissement prévu S2 2026. Nationalité après 2 ans de RP.
🇺🇾 Uruguay Résidence par moyens de subsistance Aucun minimum Dès le 1er jour Exonération 11 ans revenus étrangers depuis jan. 2026. Référence fiscale régionale.

⚠️ Ce tableau présente des ordres de grandeur au 17 septembre 2026, sujets à modification réglementaire. Il ne constitue pas un conseil juridique ou migratoire. Une vérification directe auprès des autorités compétentes de chaque pays et un accompagnement par un avocat spécialisé restent indispensables avant tout engagement financier.


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