La société acquiert 62 000 mètres carrés supplémentaires à San Fernando de Henares après avoir clôturé l’année 2025 avec un taux d’occupation de 95,1 % en Espagne, où elle prévoit de se développer tant sur ses marchés actuels de Madrid, Barcelone et Valence que sur de nouveaux marchés.
Prologis, le géant mondial de la logistique, renforce son engagement en Espagne. Avec un portefeuille de 1,50 million de mètres carrés et 86 actifs dans le pays, la société dirigée en Europe du Sud (Espagne, France et Italie) par Christian Oller souhaite consolider sa position de leader grâce à de nouveaux projets, tant sur les marchés où elle est déjà très active (Madrid, Barcelone et Valence) que dans de nouvelles zones, en collaboration avec ses clients.
Pour ce faire, Prologis a mené à bien un projet ambitieux à San Fernando de Henares (Madrid), où elle vient de conclure une opération stratégique : l’acquisition de 62 000 mètres carrés de terrain. « Il s’agit d’un site en gestion, où nous avons acquis 60 000 mètres carrés l’année dernière et où, suite à cette acquisition, nous devenons le principal propriétaire du site », explique Christian Oller, SVP, responsable de la gestion d’actifs pour l’Europe du Sud chez Prologis, dans une interview accordée à EjePrime.
Le nouveau projet situé dans le corridor de l’A-2 permettra de développer jusqu’à 80 000 mètres carrés de surface, avec un début des travaux prévu pour 2027-2028. L’objectif : devenir le hub logistique de référence sur le continent. « Nous voulons consolider un grand hub qui soit la référence européenne en matière de parc privé, en mettant à profit tout notre savoir-faire en matière de durabilité et d’efficacité », explique Christian Oller.
Prologis, qui a atteint un taux d’occupation de 95,1 % en Espagne et de 97,1 % en Europe, prévoit de se développer sur de nouveaux marchés tels que le Pays basque ou La Rioja, tout en restant à l’affût d’opportunités sur les marchés où elle est déjà présente.
Ce projet ambitieux a été signé à l’issue d’un exercice 2025 particulièrement positif pour Prologis, avec un taux d’occupation de 95,1 % pour ses actifs logistiques en Espagne, soit une hausse de deux points de pourcentage par rapport à l’année précédente. « 2025 a été une année de consolidation. La demande reste solide, mais la pression sur la disponibilité des terrains dans les emplacements clés est critique », prévient M. Oller.
En Europe du Sud, Prologis a clôturé l’année 2025 avec 6,7 millions de mètres carrés sous gestion, répartis sur 361 actifs logistiques, avec un taux d’occupation de 97,1 %. Au niveau européen, la société gère 23,7 millions de mètres carrés répartis sur 1 098 actifs logistiques, tandis qu’à l’échelle mondiale, son portefeuille dépasse les 120,8 millions de mètres carrés dans 20 pays.
Il y a un peu plus d’un an, la société a annoncé son intention de convertir certains de ses complexes logistiques existants à l’échelle mondiale en centres de données. Un plan qui, comme l’a annoncé EjePrime le 25 janvier dernier, prévoit un pipeline de 20 centres de données entre 2028 et 2030, ce qui représentera un investissement compris entre 7 et 8 milliards d’euros. Le dirigeant se montre toutefois prudent quant à sa mise en œuvre en Espagne. « C’est une utilisation qui génère beaucoup de valeur (Higher and Better use). Nous disposons du capital et des actifs, et nous le ferons lorsque nous aurons trouvé le locataire adéquat, même si notre cœur de métier reste la logistique », souligne-t-il.
Dans la perspective de 2026, Prologis maintient son plan de croissance, en recherchant de nouvelles opportunités foncières à Madrid, Barcelone et Valence, ainsi que sur de nouveaux marchés à la demande de ses clients. « Nous continuons à analyser des terrains à Madrid et à Barcelone. Nous souhaitons poursuivre notre croissance grâce à de nouveaux investissements clés en main, non seulement sur les marchés où nous sommes déjà bien implantés, mais aussi sur d’autres comme la Galice, le Pays basque ou La Rioja, en collaboration avec nos clients ».
Concernant la situation du secteur logistique, M. Oller souligne un changement de paradigme, le marché étant passé du modèle « Just-in-Time » au modèle « Just-in-Case », ce qui oblige les entreprises à occuper davantage d’espace. « Nous approchons d’un taux d’utilisation des entrepôts de 85 %. À ce stade, la « marge de manœuvre » logistique disparaît ; tout pic de demande paralyse les opérations », souligne-t-il. Ce manque d’espace, ajouté aux goulots d’étranglement dans la distribution électrique et à la lenteur administrative dans l’octroi des licences, laisse entrevoir un scénario de hausse généralisée des loyers à court et moyen terme. « Le nouveau produit sera plus coûteux, plus lent et plus cher. Cela confère une énorme résilience au produit fini », affirme M. Oller.
Source: EJEPRIME